S'échapper dans les Cévennes

En manque de soleil et de douceur, je retrouve mes photos du mois d'avril, et ce que j'écrivais alors... Nous n’aurons pas de va...

En manque de soleil et de douceur, je retrouve mes photos du mois d'avril, et ce que j'écrivais alors...

Nous n’aurons pas de vacances d'été. Du moins, nous n’aurons pas de vacances d'été ensemble. Alors on se réserve nos vacances d’avril pour nous, rien que pour nous deux, et mes révisions - la faculté de médecine, ma maîtresse de longue date.




On choisit le lieu, Florac, trois jours à l'avance, on réserve l'hôtel-étape la veille du départ et à part ça, c’est le flou total. On -surtout moi- s’imagine faire du canyoning, de la farniente au bord du Tarn, de la via ferrata et de longues randonnées. Je n’ai raison que sur la deuxième partie, loin de m'imaginer que nous empilerions toutes les couches de vêtements possibles pour dormir, nous réveillant tout de même de froid la nuit, et que nous ne tremperions pas même un orteil dans le Tarn coulant pourtant à quelques mètres de la tente. Nous sommes partis la semaine où une vague d’air polaire s’est abattue sur l'Europe, où les Cévennes étaient secouées des pires vents que nous ayons connus -hormis le Mistral, le Mistral les bat tous à plate couture.


Cheveux au vent

Nous n’aurons pas de vacances d’été et les nuits de nos vacances de Pâques sont plus froides que nos cauchemars auraient pu le prédire, Mister A. traîne une bonne crève qui ne guérit pas mais après tout, nous sommes deux et nous sommes heureux. La chaleur quotidienne des rayons de soleil printaniers nous fait jour après jour oublier les frissons de la soirée. Le vent empêche même notre peau de se sentir brûler et nous rentrons avec de belles couleurs. Ce n’est pas l'été mais qu’importe ? Nous trouvons de la joie et du bonheur partout où la vie nous en laisse la possibilité.


Zoom sur le Point Sublime


 Pourquoi Florac ? 

Nous avons choisi Florac car c'est ici que se trouvait l'un des seuls campings ouverts début avril dans la région, mais nous avons finalement été très contents de ce presque non-choix. Le Camping du Val des Cévènnes fait oublier ses deux étoiles par une localisation parfaite, un peu excentrée de la ville mais au bord du Tarn. Peu d'aménagement sont présents hormis quelques mobil-homes, des sanitaires et des jeux pour enfants, mais c'est ce qui nous plait, être au plus près de la nature. Les gérants sont des plus gentils, toujours prêts à aider. Et ils nous laissent l'embarras du choix quant à l'emplacement de la tente. Ce sera donc dans les hautes herbes, à l'écart du reste du camping et au plus près du Tarn.
Florac quant à elle est une petite ville tranquille et fleurie, mais surtout parfaitement située : au  creux de la Vallée du Tarn, capitale du Parc National des Cévennes voisin des Parcs Naturels Régionaux que sont les Grands Causses et les Monts d'Ardèche. En conséquence, de nombreuses activités s'offrent à vous dans la région : balades à pieds, à vélo, à cheval et même avec un âne ; accrobranche, via ferrata, canyoning, ... De quoi passer un séjour formidable, pour quelques jours ou plus ! 















 Du côté des Grands Causses 


Pendant que la France célèbre les fêtes de Pâques, nous défions nos peurs. Surtout moi. Habituée de l'accrobranche et de ses sensations, c’est tout naturellement que j’avais proposé à Mister A de tester la via ferrata du coin lors de notre dernier séjour estival à l’Alpe du Grand Serre. L’expérience nous ayant bien plu, nous avons décidé d’un commun accord très rapide de la réitérer dès que possible. Et nous voilà ainsi tout équipés pour affronter la via de Mende, classée moyennement difficile. C’est sans compter sur mon vertige et ma peur du vide. À peine encordés à la ligne de vie, ma vue se brouille et c’est d’un seul souffle que j'assure à Mister A “C’est mort, j’y vais pas.” Une heure de voiture et trente minutes de marche pour entendre ça ? Malheureusement oui. J’ai les jambes qui tremblent et la voix qui chancelle. Je ne peux pas. C’est au dessus de mes forces, ce n’est pas ma faute, ils n’avaient qu'à pas faire débuter la voie par ce qui me fait le plus peur !

Alors il ouvre ses bras et me chuchote au creux de l’oreille “Ça va aller, tu peux le faire, tu as déjà fait pire.” C’est vrai. C’est vrai qu'à l’Alpe, j’étais restée tétanisée au dessus du vide, pleurant toute ma détresse, mais que j’avais su continuer. Je le peux aujourd'hui aussi.

Je sèche mes larmes et calme ma respiration, puis nous partons à l’assaut de cette via, bien différente de la première. Il y a plus de progression à flanc de falaise, plus d'escalade et moins d’accrobranche, moins de ponts ou autres ateliers. Pourtant, je gagne peu à peu en confiance et finis même par prendre les chemins les plus difficiles avec Mister A, parfois un peu par erreur, il faut bien l’avouer. C’est le cas sur le dernier tronçon, le plus difficile d'après le grimpeur aguerri qui nous succède sur la voie. Et pour cause, je sens mes forces s’amenuiser, j'atteins mes limites. Les prises sont de plus en plus espacées, voire inexistantes pour les pieds sur certains passages. Dans un ultime effort, je m'élance sur la partie la plus ardue. Je ne sais où je puise ces forces mais je visionne au ralenti mon corps effectuer chaque mouvement me menant à la sortie. Je suis sauvée. Nous ne le savons pas encore à ce moment, mais seules dix prises nous séparent de l'arrivée.




Nous regagnons la voiture les mains endoloris mais le visage radieux, illuminé par l'adrénaline et l’endorphine.




En redescendant en voiture, on fait une halte à Mende afin de se rapprocher de son église, qui m’intrigue et m’attire depuis que mes yeux se sont posés sur son clocher.


Parvis de l'église de Mende

A l'intérieur de l'église


Maison fleurie au coeur de Mende





***


Le lendemain, nous réitérons l'expérience via ferrata. Nous nous lançons cette fois sur une via vertigineuse mais moins physique. Fière de mon expérience de la veille, je parviens cette fois à calmer mes peurs et aucune crise de panique ne vient perturber notre avancée. Je ne choisis pour autant pas toujours les chemins les plus difficiles, mais je commence à me connaître et à savoir quand je peux ou ne peux pas pousser. J’ai aussi pour moi l'assurance du grimpeur de la veille, qui m’avait assuré que si j’avais passé la via de Mende, la prochaine sur la liste devait être La Canourgue. Nous avons suivi son conseil et ne l’avons pas regretté !







Sur le chemin du retour, nous en profitons pour découvrir le panorama qui nous a poussés à choisir les Cévennes : le Point Sublime.












Et entre chaque point de vue, nous traversons ces étendues d'herbe jaunie par la sécheresse et battue par les vents. L'air s'engouffrant par la fenêtre de la voiture nous mordille les doigts et je la referme bien vite. Nous sommes à l'abris ici, dans notre cocon de chaleur et d'amour s'élançant à toute vitesse sur la voie goudronnée. Mais qu'en était-il des familles arpentant ces terres hostiles il y a des centaines d'années ? Qui pouvait habiter ici, qui pouvait survivre sur ces espaces infinis et perchés, hors de portée, comme abandonnés aux éléments ? Les Causses, ces plateaux arides délimités par leurs falaises de calcaire, ont ce quelque chose de mystérieux presque mystique qui m'envoûte.


Les plaines arides à perte de vue

***

Au troisième matin, nous rendons l'équipement de via ferrata et restons cette fois bien au sol. Aujourd'hui, c’est randonnée ! On adore ça et on est ravis, surtout moi : cette boucle est connue pour les nombreux points de vue qu'elle offre sur le gorges du Tarn. Pas de difficulté particulière, si ce n’est la montée. Mais après tout, une vue plongeante, ça se mérite !









***

 Du côté des Cévennes 


Nous voilà déjà au dernier matin. Il faut tout plier, dans le froid et le vent. On traine un peu, comme chaque matin, peut-être même un peu plus. Un air de nostalgie s’infiltre dans nos paroles et c’est le cœur lourd que nous quittons le camping du Val des Cévennes. Les vacances sont déjà terminées, ou presque. Aujourd'hui nous mangerons notre dernier pique-nique, mais pas n'importe où ! Direction Pompidou, pour une deuxième randonnée. Plus courte et plus facile, celle-ci évolue dans un cadre tout à fait différent. Ici, le vert règne en maître et c’est tout une palettes de nuances qui s’étale sous nos yeux ébahis. Nous sommes sous le charme.






Le vent se calme au creux des collines, le soleil réchauffe nos bras nus et le chant des oiseaux égaie nos pensées. Que demander de plus ? Nous sommes heureux et apaisés.



Heureuse dans ma chemise F1 dont je vous parlais ici (vous pouvez l'acheter chez Baroudeur Altitude !)




En remontant notre vitre sur le chemin du retour, on emporte avec nous un peu de l’air de bonheur et de pureté du parc naturel. On a fait le plein de rire et de complicité, de joie et de dépassement de soi. On est prêt à affronter le quotidien de nouveau.

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4 réactions

  1. Toujours un bonheur de te lire, pleine de sensibilité et de curiosité pour les petites choses. Le point sublime, j'en garde un souvenir merveilleux et tes photos sont à la hauteur des images dans ma mémoire. J'adore cette ambiance de printemps, ces cerisiers du Japon, ces lilas...
    Bravo pour la via ferrata, j'admire ton courage ! Bel article !

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    1. Merci infiniment pour tes commentaires réguliers Alexandra, tu es toujours présente et ça me fait tellement de bien. Je crois que sans tes passages par ici, j'aurais déjà perdu courage et jeté l'éponge. Alors merci mille fois pour ta présence, ta bienveillance, tes mots et ton enthousiasme inconditionnel.

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  2. Quel relief!!!
    Les paysages sont vraiment grandioses
    Les senteurs des fleurs
    Les espaces verts
    Je reve de cette espades toujours

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    1. Olala, je mets vraiment longtemps à répondre aux commentaires en ce moment, j'en suis désolée !
      Merci pour votre commentaire, je vous souhaite de découvrir cette région un jour. Vous la décrivez déjà très bien et je suis sure qu'elle vous plairait !

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Julie La Blogtrotteuse©. Fourni par Blogger.