Valse avec Stockholm

Stockholm, ma belle Stockholm. Dans l'avion, je n'ai pas pu fermer l'oeil, j'étais tellement excitée à l'idée de te ren...

Stockholm, ma belle Stockholm. Dans l'avion, je n'ai pas pu fermer l'oeil, j'étais tellement excitée à l'idée de te rencontrer ! Imagines-tu, moi qui d'habitude m'endors en moins de cinq minutes ? C'est un exploit, que la promesse de notre amitié m'ait tenue éveillée si longtemps. Et dès que je t'ai vue, j'ai su : j'allais t'aimer, encore plus que je t'avais rêvée.

Atterrissage en terre rêvée


Stockholm, ma surprenante Stockholm. On peut dire que je n'étais pas préparée à notre rencontre. Je dois l'avouer, je ne savais rien de toi avant de poser mes yeux sur ta beauté pour la première fois. Est-ce pour cela que j'ai été si agréablement surprise ? Après tout, quand on ne s'attend à rien, on ne peut être déçue, n'est-ce pas ?
Mes premiers pas à tes côtés ont été hésitants : tout d'un coup, je ne comprenais plus rien, je ne savais plus où j'étais, je regardais et je ne voyais rien. J'avais apprivoisé la Pologne, mais toi, tu étais encore d'un charme tout sauvage. Je ne savais par où commencer : l'entrée ou le dessert, la salutation ou la révérence ? Alors je me suis jetée à corps perdu dans cette danse nouvelle.
Je me suis laissée guider par tes employés parlant un anglais sans faille. Leurs syllabes étaient mon métronome, me guidant à chaque carrefour. On ne peut se perdre en toi, car pour répondre à chacune de nos incertitudes, tu lances un ange gardien à notre rencontre. Combien de fois ont-ils pris ma main pour me montrer le chemin ?
Stockholm, tu m'as accueillie comme j'aimerais que la France accueille chacun de ses invités. Dans un climat de sérénité, de calme et de sécurité. Aucune menace ne planait sur moi, puisque tu étais là. Tantôt m'enlaçant de tes bras protecteurs, tantôt me laissant virevolter à ma guise.
Tu as fait de moi ta ballerine privilégiée. Tu m'as laissée me glisser dans le quotidien de tes cavaliers réguliers, le long de ton bord de mer au petit matin. Puis tu m'as poussée dans chaque recoin lumineux, dans chaque impasse ouverte. Jamais tu n'as refermé ta poigne sur moi, jamais ton bras n'a été trop ferme. Tout mon corps était à l'écoute de tes mouvements, chacune de tes brises me murmurant un nouveau secret.
Stockholm, tous ces mots que tu as susurrés à mon oreille, les pensais-tu vraiment ? Tu as été mon amante interdite, mon fruit défendu. Quand mes yeux se posaient enfin sur ton visage, tu le détournais, pour ré-apparaître sous un nouveau jour encore. Combien de facettes as-tu, dis moi, ma Stockholm ? Stockholm l'enchanteresse, Stockholm la mystérieuse, Stockholm l'impétueuse. Stockholm, tu m'as ensorcelée. Saurais-je un jour me libérer de ton sort ? Durant ce long week-end à la temporalité capricieuse, mes pas n'ont su que suivre les tiens. Les premiers, hésitants, se trompant, progressant ; les seconds, assurés, rodés par les milliers de cavalières que tu as prises dans tes filets bien avant moi. Tu m'as tant appris ! Mais dis moi, combien de passes inédites as-tu ré-inventées pour moi ?

Observation depuis mon promontoire favori


Stockholm, ma grande Stockholm. Tu m'as offert le plus beau des cadeaux d'anniversaire : les clefs de l'entrée dans la vie adulte, sur un écrin de bonheur et de lumière. Parce que oui, Stockholm, tu as réalisé l'un de mes rêves d'adolescente, ceux qu'on pense réservés aux autres, ceux auxquels on n'a pas le droit, nous. Pourtant ce soir-là, Stockholm, les rayons ont bien percé à travers les nuages, diffusant leur chaleur généreuse, leur joie communicatrice, leur paroxysme d'excitation. Stockholm, ce soir-là, quand tu as revêtu ton plus beau manteau de lumière et que tu m'as offert cette vue spectaculaire, savais-tu ce que cela signifiait pour moi ? J'ai vue une aurore boréale. Je l'espère. Ô Stockholm, ma très grande Stockholm, est-ce mon imagination qui m'a poussée à y croire, ou m'as-tu réellement fait cette offrande ? Je l'ai quoi qu'il en soit reçue avec toute l'excitation, l'admiration et le comble de joie possibles.
Stockholm, ma grande Stockholm, tu m'as comblée. Assise sur les rochers, les yeux rivés sur ton étendue, j'ai réalisé que plus rien ne serait comment avant, mais que je surmonterais cette épreuve. Avec toi à mes côtés, je pouvais tout surmonter ce jour-là. Moi qui m'étais réveillée en pensant que ce serait l'anniversaire le plus triste de mon existence : pas de parents pour me prendre dans leurs bras à la première heure, pas d'amis pour m'enlacer de sourires, pas de cadeaux. Pas de cadeaux, réellement ? Je n'ai peut-être pas reçu de biens matériels, mais cette journée restera imprimée en moi comme la couverture de ma nouvelle vie, ma vie d'adulte. Tu vois Stockholm, tu as su me redonner le sourire bien vite, et me faire oublier pour quelque temps la distance me séparant des êtres qui me sont chers. Avec tes maisons de couleur, tes reflets infinis, tes pavés inépuisables. Avec ton charme, ta beauté, ton calme, ta sérénité. J'étais bercée par tes brises glaciales et à l'intérieur de moi, tout était chaud : je n'avais pas peur, je n'étais pas attristée. J'avançais d'un pas assuré vers ma vie où plus jamais mes parents ne m'étreindraient le matin de mon anniversaire. Il n'y avait peut-être pas de joie à fêter mon anniversaire loin de tout ce qui m'est connu, mais il y avait belle et bien de la force à puiser en toi. Stockholm, ma grande Stockholm, tu m'as donnée la force dont j'avais besoin pour entrer dans ma vie d'adulte. Celle de cueillir le bien-être dans son environnement et de trouver son écho en soi. Où que je sois, je pourrai être grande maintenant, moi aussi.

En route pour le parc, à la recherche d'aurores boréales...


Stockholm, ma belle Stockholm. Te quitter a le goût des retours de vacances passées sur la côte atlantique en famille. Le goût salé des embruns de la mer que l'on embrasse une dernière fois, celui des larmes que l'on retient. Tu vois, en moins de quatre jours, tu m'as envoûtée comme je l'étais pas trois semaines d'enfance heureuse. Tu te rends compte maintenant, à quel point tu m'as marquée ? Je regarde tes maisons de couleur défiler à travers la vitre, et leur reflet intermittent dans la mer secouée par ton vent glacial. Je regarde tes voies rapides en construction et tes quartiers oubliés. Je te regarde et je voudrais que jamais tu ne disparaisses de mon champs de vision. Reste, encore un peu, s'il te plait.
Stockholm, ma belle Stockholm. Te quitter ravive en moi la nostalgie des étés passés, de l'enfance révolue. C'est encore un au revoir déchirant mais qui, je l'espère, ne se transformera jamais en adieu. Merci pour ces quelques jours d'amour tendre et de bonheur naturel. Tout était simple avec toi, la vie suivait son cours sans encombres et le temps filait à toute allure. Je ne voyais pas les heures passer, lovée dans tes bras. Promets-moi, ma belle Stockholm, promets-moi que j'y retrouverai une place lorsque l'on se reverra. Promets-moi que tu m'accueilleras toujours à bras ouverts, comme cette première fois qui laisse en moi une infinité de petits bonheurs, comme mille et une promesses d'un avenir heureux ensemble. Stockholm, ma belle Stockholm, promets-moi que tu n'oublieras pas. Parce que ton image, elle, restera incorporée à l'essence même de mon être pour le reste de ma vie. Merci, ma Stockholm, pour cette première valse, inaugurant je l'espère, tout un bal de bonheurs futurs.

Route pavée, promesse de bonheurs futurs


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10 réactions

  1. Un très beau texte plein de lyrisme et d'émotion, de passages et de métamorphoses. Très joyeux anniversaire, Julie, célébré par une aurore boréale, des révélations et des larmes de joie. Stockholm est merveilleusement belle et attachante, tu as mérité cette célébration suédoise ! A toi les rêves, les projets, les dépaysements et les emballements du coeur. Je t'embrasse !

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    1. Merci beaucoup pour ce message, Alexandra, j'en suis très touchée. Il m'a mis un sourire aux lèvres et une larme à l’œil. C'était en effet une très belle façon de vivre mon anniversaire, et cela m'ouvre la porte à tout un univers de possible. J'ai hâte !
      Je t'embrasse, et te remercie encore une fois. Tes commentaires me font toujours chaud au cœur, celui-ci encore plus.

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  2. Superbe texte, tu nous avais habitués à plus de photos mais les trois choisies illustrent parfaitement tes propos, j'irai voir les autres sur Instagram ou Flickr ;-)
    Bravo!!!

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    1. Merci beaucoup, ça me fait plaisir et me touche que tu ais apprécié. Des articles avec plus de photos feront suite à celui-là, disons que c'était une introduction lyrique :p.
      Je vais essayer de mettre quelques photos de Vienne sur Instagram dans les prochains jours :)

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  3. Whoa, mais quel beau texte. J'adore ton écriture. :)
    Et tu as vu une aurore boréale. Ça y'est, je suis jalouse, haha ! ♥ Chanceuse va !

    PS: je me suis permise de t'ajouter sur snapchat ! :)
    Je voulais t'ajouter sur IG mais je n'ai pas trouvé ton compte. ^^

    xx

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    1. Oh merci beaucoup, ça me fait plaisir qu'il te plaise, ton commentaire me touche beaucoup.
      J'écris depuis longtemps, mais je ne prends plus le temps de le faire régulièrement. Je me suis vraiment fait plaisir en écrivant ce texte, je devrais le faire plus souvent. C'est encore mieux si les gens prennent du plaisir à le lire :).

      A travers les nuages... Ca ne compte qu'à moitié ;)

      PS : Oh trop cool, je t'ai ajoutée aussi ! Et sur Instagram également :)
      xx

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  4. Alors là, Julie, je suis sans voix. Ta plume m'a transportée et m'a remplie de tout l'amour que tu as glissé entre ces lignes. J'ai été très touchée par ton récit, et toutes tes compréhensions et cheminements.

    Comme je te comprends ! Je ne connais pas le Belle Stockholm mais j'ai eu le bonheur moi aussi, de tomber follement amoureuse. Elle s'appelle Saint-Pétersbourg, et je la porte dans mon cœur où que j'aille.

    Merci d'avoir partagé ce très beau texte, et ces quelques jours remplis d'émois.

    Voici une citation d'un poème de John Keats, qui pour moi résume parfaitement la beauté et l'importance que peuvent représenter quelques jours suspendus dans le fil du temps :

    “I almost wish we were butterflies and liv'd but three summer days - three such days with you I could fill with more delight than fifty common years could ever contain.”

    Sur ce, à bientôt au gré des mots !

    Livia

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    1. Bonjour Livia, et désolée d'avoir mis si longtemps à répondre. C'est que je ne trouve jamais les mots pour exprimer toute ma gratitude face à de si gentils commentaires... Je me lance finalement.

      Ton commentaire m'a énormément touchée. Je le relis souvent, quand j'ai besoin de retrouver de la confiance en ce que je fais. Merci infiniment.

      Je suis heureuse que tu ais pu ressentir et comprendre mes émotions à travers ce texte. J'aimerais lire ce que tu écris de Saint Petersburg, cette ville me fait rêver à chaque fois que quelqu'un l'évoque.

      Merci pour la citation, je ne la connaissais pas. Elle s'applique très bien à certains de mes voyages en effet, courts mais si intenses, et qui laissent des souvenirs impérissables au fond de mon cœur.

      Encore merci pour ton commentaire, qui m'a vraiment touchée.
      A bientôt, sur ton blog ou sur le mien :)

      Julie

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  5. Superbe ! Ton texte est très émouvant et m'a touchée, c'est une très belle tranche de vie et avec beaucoup d'émotion et de pudeur que tu nous racontes votre belle rencontre :D :D ! Je n'ai aucun doute sur le fait que Stockholm te garde une place de choix dans son coeur :D ! C'est une destination que je veux faire, ça a l'air génial ! Puis de voir une aurore boréale là-bas, quel bonheur... C'est un moment qui reste gravé !!!!!

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    1. Merci beaucoup, chacun de tes compliments me va droit au coeur. Je suis très touchée par le choix de tes mots, et notamment celui de pudeur. C'est exactement ça : la première fois que je me suis dévoilée en tant "qu'auteure" sur mon blog, la première fois que j'ai réellement montré cette facette de moi ; ce n'était pas si simple de cliquer sur le bouton "publier" ;). J'adore écrire, et je suis tellement heureuse que mon texte ait réussi à te toucher.

      Stockholm est une ville un peu hors de l'espace spatio-temporel pour moi. Je ne sais pas si c'est parce que c'était ma première ville du Nord ou si c'est parce qu'elle est réellement si magique... Mais j'ai en tout cas adoré chacun de mes instants là-bas. Si tu as l'occasion, n'hésite pas ! Surtout que je sais que tu n'as pas peur des basses températures et vents glaciaux ;). En vrai, en février, il ne faisait pas si froid que ça, environ 6°C, et la glace fondait !

      Encore un grand merci ! A très vite :D

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Julie La Blogtrotteuse©. Fourni par Blogger.